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Dimanche 8 avril 2007

Aujourd'hui, pas d'agneau pascal, que j'avoue peu goûter, mais un boeuf bourguignon maison, subtilement épicé, cuit à feu doux plus de trois heures durant. La viande fut mise à mariner plus de 18h dans un mélange de côtes du Rhône 2003 (pas mauvais mais plutôt bon à servir de base à ce plat, en particulier en comparaison aux deux vins suivants), de Coteaux du Languedoc Montcalmès 2004 (ouvert depuis quatre jours) et bien entendu de vin bourguignon, avec un Givry 2005 des frères Joblot.

 

 

Je me suis amusé à déguster les deux vins en parallèle :

Le Montcalmès 2004 est un vin bâti sur la finesse, aussi bien au nez, joliment fruité et épicé, même si ouvert depuis quatre jours. La bouche me régale, car j'y retrouve tout ce que j'aime dans les grands vins du Sud de la France : de la matière, de la suavité, de la douceur, de la richesse et de la fraîcheur. Les tannins sont élégants, fins, aucun creux, un joli volume qui se termine par une finale très douce. A l'ouverture, le vin se montrait réservé. Belle garde prévisible. Accord convaincant avec le met.

Le Givry premier cru Clos Grand Marole 2005 du domaine Joblot explose dès l'ouverture : cassis, cerise à l'eau de vie, noyau de cerise, framboise, rose. Nez complexe, très fruité, légèrement épicé, un régal quand on plonge le nez dans le verre. La bouche n'est pas en reste, avec une matière opulente, corsée, mais dotée d'une fraîcheur qui équilibre et tend le vin vers une finale racée, sur une longue note de cerise kirschée. Superbe ! Ce 2005 me paraît plus dense que le 2002 (bien plus que le 2004), plus frais que le 2003. Un vin complet, d'une grande richesse et d'un équilibre qui peut évoquer de beaux crus de la Côte de Nuits. Accord de rêve avec le boeuf bourguignon.

Un bon mets réalisé avec amour, d'excellents vins, des accords réussis, en compagnie de la femme de ma vie (avec mon petit qui va bientôt arriver). En un mot (de ma femme) : Harmonie

par P'titPhilou publié dans : Gastronomie
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Samedi 10 février 2007

J'avais envie de préparer des escalopes de dinde ce w.e.

Certes, ce n'est pas un met très raffiné, mais la relative neutralité de cette viande permet aux ingrédients qui l’accompagnent de briller. Et le goût de cette escalope dorée par la chaleur de la poêle, dont l’origine s’explique par la fameuse réaction de Maillard, reste gravée en moi depuis l’enfance : c'est ma "madeleine".

 

 La recette de ces escalopes aux girolles crémées est simple : dorer les escalopes à feux élevé dans une poêle (j’y mets un mélange beurre et huile d’olive), comme on saisit une viande rouge. Puis baisser à feu moyen, ajouter les girolles. Laisser cuire environ 5 minutes en retournant les escalopes de temps en temps. De même pour les girolles. Puis rectifier avec la fleur de sel, ajouter du persil et un peu d’ail coupés finement. J’ai ajouté une lichette de vin blanc afin de rehausser le goût et faciliter l’accord avec la marsanne. Incorporer la crème fraîche (semi épaisse) et laisser réduire et brunir légèrement. C’est prêt.

Le gratin de chou-fleur préparé par ma femme était délicieux. Chez nous, on aime le travail d'équipe.

Parlons du vin qui accompagnait ce plat :  il s'agit d'un vin étonnant, acheté sur les conseils de l'ami Gilles : Marsanne 1996 en Vin de Pays de la Drôme, du domaine Le Serre de Condorcet

Robe or, dorée et brillante. Jolis reflets dorés.

Nez légèrement réduit à l'ouverture : notes d'hydrocarbures prononcées sans être désagréables. Les mauvaises langues parleraient de pétrole, je dirais plutôt térébenthine. A l'aveugle, je serais parti en Alsace, sur un riesling. A l'aération, ces notes sont mises au second plan. Le coing, les épices douces, le miel et les fleurs prennent le dessus. Très joli nez complexe. 

 

En bouche, l'acidité est présente, mais équilibrée impeccablement par une richesse et une rondeur qui signent un vin complet et gourmand. Belle longueur, finale finement amère.

 A l'aveugle, j'aurais difficilement pensé à une marsanne. Sachant aussi qu'une cuvée 100% marsanne est plutôt rare. Son équilibre, sa fraîcheur, sa jeunesse d'expression et sa tenue dans le temps (elle commence seulement à décliner au bout de 3 jours) sont assez stupéfiants. Une très belle découverte, due au talent de dénicheur et de découvreur de l'excellent Eric Reppert.

Au final, un très bel accord avec ces mets, le vin semblant pouvoir s'accorder avec un large éventail de mets, car il possède suffisamment de fraîcheur et de matière pour accompagner poissons ou volailles.

par P'titPhilou publié dans : Gastronomie
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