Plaisir du temps pour le temps du plaisir

Publié le par Philippe Belnoue

Conserver, laisser mûrir des bouteilles de vin en cave est un acte de civilisation. Car cela dépasse le simple fait de déboucher et de servir un vin, si bon soit-il. Il s'agit d'acquérir des crus dès leur sortie, les laisser vieillir patiemment, avec le risque bien entendu d'un accident, type bouchon, vol, etc.

Mais quand on ouvre un vin après avoir eu la patience de le laisser d'épanouir sous verre, et que celui-ci se montre digne des espoirs que la dégustation en prime jeunesse fit naître, quel bonheur ineffable !

Aussi, ce soir, l'ouverture au débotté du Baux de Provence intitulé Clos Milan du domaine éponyme, issu du fameux millésime 2001, m'a réjoui comme peu d'autres vins ont su faire ces derniers temps - ah si, le Givry 1er cru Clos Jus 1999 de François Lumpp, une merveille, dont le Clos Milan 2001 possède quelques airs de ressemblance - : nez captivant sur les fleurs, les épices et les fruits rouges (à l'instar de violette, fraise des bois), relayé par la qualité du fruité en bouche, portée par des tannins et une acidité d'une grande finesse. Longueur magistrale et complexité de mise pour un archétype du grand vin, à la fois "nature" car peu soufré, il me semble, mais également symbole de l'intelligence humaine.

Difficile de ne pas succomber au charme de ce vin, constitué à (environ) 80% de grenache & 20% syrah.

Maîtriser ce que nous offre la nature, sans la dévoyer, mais tout au contraire en exacerbant  les qualités de ses fruits et en les sublimant pour nous offrir les grands plaisirs du corps et de l'esprit. Hors du temps.

 

Publié dans Mondovino

Commenter cet article