Marc Aurèle, reviens à nous !

Publié le par Philippe Belnoue

A l'heure où nous apprenons la disparition de la grande helléniste Jacqueline de Romilly, l'Assemblée Nationale débat de l'idée de sanctions financières et pénales à l'encontre de nos députés qui seraient en contravention dans leurs déclarations de patrimoine. A l'heure où nos civilisations européennes sont confrontées à des crises récurrentes, qui semblent être le signe d'un déclin prononcé, l'idée d'imposer par la loi à ceux même qui la font des obligations strictes de transparence dans leur patrimoine et dans leurs relations à d'éventuels lobbyings paraît une mesure salutaire, si ce n'est, au minimum, de bon sens.

Comment certains responsables politiques peuvent-ils vouloir amender ce projet jusqu'à lui enlever toute portée et toute signification claire et visible pour l'ensemble de nos concitoyens, sans que cela ne rejaillisse sur l'ensemble de la classe politique et ne participe du désolement moral grandissant, terreau de la peur et de la tyrannie ?

Comment ne pas être en colère devant des représentants qui doivent être irréprochables, mais qui s'évertuent  - pour certains du moins - à vivre en dehors des règles de plus en plus contraignantes dans lesquelles nous devons nous inscrire de gré ou par résignation ?

La réforme des retraites ou la baisse significative de notre pouvoir d'achat a-t-elle eu le moindre impact direct chez nos députés ? Restons aussi discret quant aux avantages conséquents de celles et ceux qui travaillent au sein des deux hémicycles (Assemblée Nationale et Sénat) et de leurs annexes, en comparaison du traitement et de l'évolution de carrière des autres fonctionnaires.

Bref, la France a grand besoin de se réapproprier sa culture, son Histoire, en en tirant les leçons et en faisant de nouveau sienne la pensée des Grands Philosophes et Hommes d'Etat de l'antiquité gréco-romaine - ajoutons aussi les Lumières -, ceux qui ont façonné nos civilisations. Que nos représentants et toutes nos élites lisent ou relisent  Marc Aurèle et ses célèbres pensées, pour comprendre que la grandeur d'un Etat ne se conçoit pas sans dirigeants ayant une éthique claire et juste, plus sévère encore pour eux que pour les autres. Ceux qui se disent admirer le Général de Gaulle devraient un peu plus s'en inspirer, car lui au moins payait sur ses propres deniers ses dépenses personnelles.

Voilà la tragédie de notre époque !

Publié dans Economie - Fiscalité

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