Lire Ecouter S'Emouvoir

Publié le par Philippe Belnoue

mondo GallimardQuelques lectures sont associées au gré du hasard ou des circonstances du moment, mais peut-être aussi mystérieusement, à certaines musiques qui entrent mutuellement en résonnance. Ainsi, ma dernière expérience me conduisit à lire le premier conte du livre Mondo et autres histoires de Jean-Marie Gustave Le Clézio, intitulé "Mondo", en écoutant l'album éponyme d' Emilie Simon.

 

Ce conte décrit la venue presque magique d'un garçon qui "habite" une ville (du bassin méditerranéen, dans les années soixante ?), y cherche à être adopté tout en ne parvenant pas à communiquer avec ses habitants et finit par quitter cette ville inhospitalière, inhumaine. Il ne semble en harmonie qu'avec la Nature, pas avec ce qui vient de la "civilisation". Thème romantique, mais approche plus simple et à la fois plus mystérieuse, sans morale hormis celle de pouvoir entrer en résonnance, je crois, avec l'enfance du lecteur : l'émotion par l'innocence et la pureté de la Nature, qui reste en dehors de nous, ni bonne ni mauvaise.

J'ai trouvé l'aspect enfantin de ce conte très touchant et transcendé par l'élégance de la langue, d'un très joli style, accessible aux plus jeunes lecteurs et riche de sens poétique. Une très belle découverte, moi qui désespérais de lire un livre contemporain qui puisse me transporter. Je ne peux que louer et remercier la personne qui m'a fort sympathiquement conseillé ce livre.

 

Elégance et raffinement sont deux qualificatifs que j'associe à l'album d'Emilie Simon. En particulier, les titres "Désert", "To the dancers in the rain", "Chanson de toile" et surtout, surtout "Vu d'ici" sonnent à merveille à la lecture de Mondo et des contes suivants. A croire qu'Emilie Simon a composé ces pièces électro-acoustiques en référence à ce livre "magique". La voix enfantine de la chanteuse, cette voix gracile/gracieuse, simple/transformée/modulée, crée un sentiment d'étrangeté et de fascination, par son aspect  intriqué à la fois naturel et artificiel. Je crois que c'est aussi ce qui m'a plu dans les contes de J-M G Le Clézio et qui renforce le sentiment de "résonnance" entre ces deux oeuvres : la simplicité, le naturel devient synonyme pour nous de mystère voire de peur, renvoit le lecteur à son passé, son enfance, mais au delà, à sa solitude puisqu'il s'est coupé de la Nature.  Seule solution : conserver sa capacité d’étonnement, d’ouverture aux autres, à notre Univers, et surtout, celle de s’émouvoir. La clé du bonheur ?

 

Philippe

 

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