Commencer une petite cave à whisky

Publié le par Philippe Belnoue

Idée saugrenue peut-être, dans ces temps de prohibition où il devient de plus en plus difficile de proposer des vins et, a fortiori, des alcools de grains à ses convives, sans passer pour l'alcoolique de service. 

Qu'il devient déplaisant désormais de ne presque plus pouvoir faire rimer vins et alcools de qualité avec partage et convivialité ! 

Bien sûr, une consommation immodérée de l'alcool n'est pas acceptable, mais il faut apprendre à devenir adulte, à déguster donc des produits de qualité et issus d'une belle tradition le plus souvent, avec notre amie "modération". Quand on voit que même des pays de tradition musulmane conservent voire développent à nouveau la production du vin, on peut percevoir ici les bienfaits d'un usage très modéré de vins et d'alcools de grande qualité. L'élite arabe à la fin du VIIème siècle (occident) et donc plus de cinquante ans après l'Hégire, buvait encore du vin de raisin, mais fut contraint pour raison hyginénique et de santé publique à dénigrer les vins de fruits dans leur ensemble, le vin de palme - une horreur pour celles et ceux qui en ont goûté - faisant des ravages parmi la population de la péninsule. Ayant rencontré des musulmans ouverts à la consommation modérée de vins de qualité - ils sont rares -, le seul vrai interdit étant de prier l'esprit parfaitement clair et sans avoir consommé au préalable nulle drogue ou équivalent, les propos tenus par bien personnes relèvent du dogmatisme, de la méconnaissance de certaines lois - dont celles du savoir vivre ensemble ! - et parfois en France plus prosaïquement de la peur de la marchaussée...

Aussi, à contre courant de cette mode du "je ne bois que de l'eau" qui conduit à être souvent aussi triste qu'une porte de prison - bon, c'est un peu exagéré mais est-ce si faux ? -, j'ai eu envie de me constituer une petite cave de quelques flacons, whiskies au cas particulier, d'horizons divers, pour moi et surtout pour certains convives amateurs de ces breuvages fort en goûts. 

 

Alors pour commencer, j'ai commandé quelques bouteilles : 

- d'abord, un Knockando 18 ans "slow matured" (distillé en 1994)

Jolie robe dorée, brillante. 
Le nez est assez élégant, fruité et fumé, caramel, cire, avec en arrière plan une note boisée qui a tendance à monter à l'aération. 
Bouche assez équilibrée et onctueuse, la longueur est correcte, on sent le feu mais cela reste assez élégant (bien plus qu'un Glenfiddich 12 ans le w.e. dernier). Le boisé est assez marqué à mon goût et pas d'une grande qualité malheureusement. 
L'ajout d'une goutte d'eau a permis de gagner en équilibre et d'ouvrir un peu le whisky, sur l'amande et les notes florales. 
Ce whisky est bon, mais possède assez peu de personnalité, semble sans beaucoup de relief ni de complexité. 

Arès conseil aurès de grands connaisseurs, cherchant des valeurs sûres et à belle personnalité, je vais m'orienter vers un panel varié et qualitatif, pour des moments et envies différents :

- Ardberg Uigeadail (Islay),

- Redbreast 12 ans (Irish Whiskey - Single Pot Still)

- Nikka "From the Barrel", pour goûter à un blend de grande qualité issu du pays du Soleil Levant, pays que j'aimerai un jour découvrir ; sa culture me fascine depuis l'adolescence.

Trois classiques dans leurs styles respectifs, d'horizons divers. 

Quelques pistes en suppléments : on me conseille aussi Caol Ila 12 ans, Glendronach 15 ans "Revival", le Maccalan Amber étant mis de côté car moins côté auprès des amateurs que je ne le pensais initialement.

Autres pistes : Hibiki 12 ans et Isle of Jura "Elixir" 12 ans.

J'ai hâte d'y goûter ! 

Slainte !

Publié dans Gastronomie

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