Adieu, Madame

Publié le par Philippe Belnoue

Il est de certains êtres que l'on ne connaît que de réputation ou par leurs écrits, mais dont la disparition nous affecte infiniment, par la perte irréversible d'une part de l'intelligence humaine. Madame Worms de Romilly, née David, est de ceux-là : la valeur de son travail de traduction et de transmission des grands auteurs et penseurs grecs, Thucydide en premier, fut de premier ordre. Plus qu'à son combat contre la disparition d'un enseignement du grec ancien au lycée, je rends hommage à son talent d'éveil de la conscience pour construire une Culture de "finesse", humaniste, dont l'élitisme est le pendant naturel du progrès constant qui devrait être celui de l'enseignement en France.

Madame, vous avez donné à nombre d'anonymes dont je suis, envie de découvrir cette langue subtile, rigoureuse, d'une merveilleuse souplesse qui vous passionnait. Je ne suis pas parvenu à en apprendre ne serait-ce que les rudiments, mais le peu auquel j'eus accès me réjouit encore, au détour d'une citation.

Votre combat était le bon, espérons qu'il ne reste pas vain.

 

Madame, merci.

Publié dans Hommage

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