La cuisinitude du Samedi

Publié le par P'titPhilou

J'avais envie de préparer des escalopes de dinde ce w.e.

Certes, ce n'est pas un met très raffiné, mais la relative neutralité de cette viande permet aux ingrédients qui l’accompagnent de briller. Et le goût de cette escalope dorée par la chaleur de la poêle, dont l’origine s’explique par la fameuse réaction de Maillard, reste gravée en moi depuis l’enfance : c'est ma "madeleine".

 

 La recette de ces escalopes aux girolles crémées est simple : dorer les escalopes à feux élevé dans une poêle (j’y mets un mélange beurre et huile d’olive), comme on saisit une viande rouge. Puis baisser à feu moyen, ajouter les girolles. Laisser cuire environ 5 minutes en retournant les escalopes de temps en temps. De même pour les girolles. Puis rectifier avec la fleur de sel, ajouter du persil et un peu d’ail coupés finement. J’ai ajouté une lichette de vin blanc afin de rehausser le goût et faciliter l’accord avec la marsanne. Incorporer la crème fraîche (semi épaisse) et laisser réduire et brunir légèrement. C’est prêt.

Le gratin de chou-fleur préparé par ma femme était délicieux. Chez nous, on aime le travail d'équipe.

Parlons du vin qui accompagnait ce plat :  il s'agit d'un vin étonnant, acheté sur les conseils de l'ami Gilles : Marsanne 1996 en Vin de Pays de la Drôme, du domaine Le Serre de Condorcet

Robe or, dorée et brillante. Jolis reflets dorés.

Nez légèrement réduit à l'ouverture : notes d'hydrocarbures prononcées sans être désagréables. Les mauvaises langues parleraient de pétrole, je dirais plutôt térébenthine. A l'aveugle, je serais parti en Alsace, sur un riesling. A l'aération, ces notes sont mises au second plan. Le coing, les épices douces, le miel et les fleurs prennent le dessus. Très joli nez complexe. 

 

En bouche, l'acidité est présente, mais équilibrée impeccablement par une richesse et une rondeur qui signent un vin complet et gourmand. Belle longueur, finale finement amère.

 A l'aveugle, j'aurais difficilement pensé à une marsanne. Sachant aussi qu'une cuvée 100% marsanne est plutôt rare. Son équilibre, sa fraîcheur, sa jeunesse d'expression et sa tenue dans le temps (elle commence seulement à décliner au bout de 3 jours) sont assez stupéfiants. Une très belle découverte, due au talent de dénicheur et de découvreur de l'excellent Eric Reppert.

Au final, un très bel accord avec ces mets, le vin semblant pouvoir s'accorder avec un large éventail de mets, car il possède suffisamment de fraîcheur et de matière pour accompagner poissons ou volailles.

Publié dans Gastronomie

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